Grégoire Lecomte

Je pense qu'il est primordial de mettre un point au clair tout de suite : je ne VEUX PAS être designer industriel!

La réflexion que je m'apprête à vous transmettre, je pense que je me la suis ffixée comme objectif il y a plus ou moins neuf ou dix ans. Pour moi, les formations que j'entreprendrai me forgeront, mais ne m'empêcheront pour rien au monde de faire ce qui me préoccupe.

3 septembre 2017, j'ai 16 ans et je fais ma rentrée des classes au llycée professionnel François Arago à Nantes.

Flashback

Pour recontextualiser les choses, il faut revenir à ce moment, ou du moins à la période où je me suis dit ça. Je n'ai jamais été très scolaire ; je pense que, de toutes mes années d'école, celles qui m'ont le plus apporté sont l'école primaire (de 6 à 11 ans). Pourquoi ? J'en sais trop rien, Tout ce qu'il m'en reste, c'est l'nsouciance, mais aussi de grandes découvertes. La vie était tellement simple !

C'est au collège que les choses sérieuses ont vraiment commencé. En fait, c'est grâce à Enzo. Mon meilleur ami de l'époque, Enzo, avait (et a toujours aujourd'hui) une grande, GRANDE passion : les voitures !

À l'époque, on faisait beaucoup de modélisme automobile chez lui. Je passais des samedis chez lui où l'on passait plus de temps à recharger les batteries qu'à rouler. Plus le temps passait, plus j'en voulais une aussi. Bref, j'ai fini par en avoir une. Alors, c'était génial : ça roule très vite, MAIS c'est fragile. J'ai cassé une pièce au bout d'une semaine. Malheureusement pour moi, les pièces coûtaient cher et je n'avais pas de quoi les racheter. La voiture est restée au garage et, pendant ce temps, j'avais envie de faire des trucs. Alors, un jour, je suis allé au magasin de modélisme à l'autre bout de Nantes, j'ai acheté du balsa, des cordes à piano et de la colle cyanoacrylate, et j'ai commencé la fabrication d'un planeur radiocommandé que j'avais dessiné.

ET C'EST LÀ que TOUT a commencé. Je me souviens exactement de ce sentiment qui m'a traversé, me disant : « Ça y est, c'est la première fois que je fabrique un truc que j'ai

dessiné. » Et depuis, je n'ai jamais arrêté. Je devais avoir plus ou moins treize ans, je crois.

Llycée : je fais une seconde générale et technologique catastrophique. Mes pauvres parents, si vous lisez ces mots, pardonnez-moi, mais force est de reconnaître que, si je n'avais pas fait le zouave, je serais probablement devenu un de ces ingénieurs lambda. Et Dieu merci, à la fin dl l'année, le lycée m'a fait une proposition : soit tu redoubles, soit tu dégages. J'ai dégagé ! Beaucoup trop de fierté pour redoubler, enfin. Et ce fut, à l'heure actuelle, la meilleure décision de ma vie. J'ai repensé aux quelques projets que j'avais déjà entrepris et je savais très bien que je ferais un truc de mes mains plus tard. Alors, quoi de milieux que de profiter de cette aubaine pour commencer à vraiment apprendre des choses ?

Le 3 septembre 2017, à 16 ans, j'ai fait ma rentrée au Ilycée professionnel François Arago à Nantes. J’avais choisi ffilière BAC pro TMA (technicien menuisier agenceur). Enfin quelque chose de concret, qui me servirait toute ma vie. J'y ai beaucoup appris, sur moi aussi, même si je ne sais pas trop quoi. C'était très humain, j'ai rencontré beaucoup de personnes différentes.

En plus des cours d'atelier plusieurs fois par semaine, nous devions effectuer deux stages d'un mois par an. J'ai fait les classiques du milieu : un mois chez des poseurs de vitrages un peu trop amateurs d'airsoft pendant les pauses déjeuner, un autre chez des menuisiers agenceurs plutôt traditionnels, cuisines, dressings et tout le tralala. Et puis, pour finir, le Graal : un mois dans l'atelier de fabrication de décors du Théâtre de la Cité. Là, je dois dire, même si j'avais apprécié les stages précédents, que c'était un peu une renaissance. Des espaces immenses, des projets passionnants et variés, des gens qui adoraient ce qu'ils faisaient. En fait, je me demande si je n'ai pas appris plus sur mes envies d'avenir professionnel pendant ce mois-là que durant tout le reste de ma vie.

C'est pendant ces deux années géniales de baccalauréat professionnel que j’ai réalisé une chose importante : je ne VEUX PAS être menuisier agenceur |

À la sortie de mon bac, j'étais déjà plus ou moins orienté vers ce que je voulais faire plus tard mais, conscient de mes gros manques de connaissances, je suis rentré en BTS DRB (développement et réalisation bois). Le but réel de cette fllère est, par l'apprentissage des machines de production industrielle du bois, CNC 8 et 5 axes, chaînes de production, etc., que l'on soit en capacité de gérer et optimiser des productions industrielles sur le plan de la performance, financier et donc humain. Dès lors, ma seule préoccupation était d'apprendre à utiliser ce genre de machines, à comprendre ce qu'elles pourraient me permettre de faire en plus

Il est peut être temps de revenir au préambule de cet avant propos qui se transforme petit à petit en mémoires d'une vie, je l'espère, à peine entamée. Depuis mon arrivée en BAC pro TMA, je considère que chacune des différentes études scolaires que j'entreprends n'a pas pour but de me professionnaliser dans leurs domaines d'étude respectifs, mais qu'elles ne sont pour moi que des outils qui, mis bout à bout, créent un tout qui donne ma pâte. C'est par ces différentes ouvertures dans mon apprentissage que je trouve cette liberté qui me permet de faire à peu près ce que je veux sans que cela devienne un fardeau.

J'ai eu l'immense chance de grandir avec des parents musiciens, animés par la culture avec un goût assez pointu et aiguisé d'un point de vue de tout ce qui touche à l'objet et l'expérience utilisateur. Le comble c'est de vivre ça à Nantes, c'est à dire une si ce n'est là ville qui se mobilise le plus pour la culture en France.

Mais du plus lointain dont je me souvienne, il me semble que la personne ayant débloqué, lancée cette niaque pour la forme, le sens, l’utile est ma grand-mère. À chaque venues j’étais impatient de découvrir les nouveaux objets qu'elle avait récupéré. Alessi, Joseph-Joseph et Bodum pour la cuisine, Lafuma pour le jardin, Foscarini pour les luminaires. En fait en dehors de l'aspect produit il y a chez elle un vrai raffinement pour la forme. Toujours sobre, beaucoup de courbes, de grandes courbe, des matériaux soit voyants et colorés ou transparent pour se faire discret. Un raffinement incontesté pour l'armonie des objets. Elle aurait été très bonne architecte d'intérieur.

Grégoire Lecomte